LIBRE OPINION : L’Union européenne donne son feu vert au recours à la force contre les passeurs de migrants

Posté le mardi 15 septembre 2015
LIBRE OPINION : L’Union européenne donne son feu vert au recours à la force contre les passeurs de migrants

Certains pays de l’Union européenne sont dépassés par l’afflux de migrants, venus du Moyen-Orient, d’Afrique et d’Asie centrale. Ainsi, l’Autriche a décidé de faire appel à l’armée pour aider la police à faire face à l’arrivée massive, depuis la Hongrie, de réfugiés. Cette situation a conduit le Danemark et l’Allemagne à fermer temporairement leurs frontières. Et ce n’est pas fini.
D’après Le Point, qui rapporte des propos tenus lors d’un colloque par le général Christophe Gomart, le patron de la Direction du renseignement militaire (DRM), il y aurait de « 800 000 à 1 million de migrants prêts à partir » de Libye « pour gagner l’Europe ». Cette estimation a pu être faite grâce aux écoutes et aux satellites.

C’est dans ce contexte que les 28 États membres de l’Union européenne ont donné, ce 14 septembre, à Bruxelles, leur feu vert pour passer à la phase 2 de l’opération EUNAVFOR MED, laquelle prévoit un recours à la force contre les passeurs. Jusqu’à présent, cette opération navale, lancée en juin, se limite au recueil de renseignements sur les réseaux des passeurs établis sur les côtes libyennes. Le passage à la phase 2 devrait être effectif vers le début du mois d’octobre.
Il sera ainsi possible aux forces engagées d’arraisonner, de fouiller et de dérouter les embarcations des passeurs. Elles seront également autorisées à interpeller les trafiquants. Seulement, ces opérations ne pourront avoir lieu que dans les eaux internationales, une intervention sur le littoral libyen (objet de la phase 3), étant encore totalement exclu à ce stade.
Normalement, dans le cadre du droit maritime, il est possible d’arraisonner des navires sans pavillon. Mais, avant que ce recours à la force soit effectif, et à la demande de certains pays de l’UE, il faudra une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, qui devrait être adoptée d’ici fin septembre.

Maintenant que la phase 2 d’EUNAVFOR MED est autorisée, il va falloir trouver de nouveaux moyens militaires et définir les règles d’engagement. Ce sera l’enjeu de la conférence de génération de force prévue le 16 septembre. Jusqu’à présent, 4 navires sont engagés dans cette opération. Or, il en faudra 7 de plus, dotés d’équipements médicaux et d’hélicoptères. Et c’est sans compter sur les équipes d’intervention appelées à prendre le contrôle des navires suspects et à appréhender les passeurs (si d’aventure ils se trouvent à bord….).

Auteur : Laurent LAGNEAU
Source: Zone militaire

Source : Zone militaire
Commentaires (1)
  • Weber
    15 septembre 2015 à 20:43 |
    L'invasion migratoire est d'abord un problème militaire. On voit bien l'incapacité des civils à le résoudre. Face à l'exponentiation de la menace, le facteur temps est déterminent.
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