LIBRE OPINION : RCA : le papillon éphémère bat de l'aile

Posté le mardi 14 octobre 2014
LIBRE OPINION : RCA : le papillon éphémère bat de l'aile

La situation se dégrade en Centrafrique. Pas toujours prompt à le dire, l'EMA a dû se fendre ce soir d'un communiqué pour reconnaître la difficulté de la situation sur place.

Des troubles qui perdurent et s'intensifient, à Bangui, tandis que la situation s'est envenimée aussi à Dekoa, où les Français ont été "violemment pris à partie".

La même source n'a pas évoqué de blessés dans les affrontements qui ont parsemé la dernière quinzaine, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y en pas eu. Hasard ou pas, ces évènements arrivent en plein milieu des relèves, et alors que la France remet son dispositif à plat dans le pays.

En cas d'aggravation de la situation, Sangaris peut compter sur la proximité de N'Djamena, où une relève est aussi en cours (!). Les forces françaises basées au Tchad avaient déjà, et pour les mêmes raisons, déjà renforcé l'opération Sangaris, en début d'année.

Mais entretemps, la situation a bien évolué dans la BSS, notamment dans son fuseau Est, qui vient de connaître une interpellation d'un cadre d'Al Morabitoune, et cette nuit, une interception d'un convoi d'armes en provenance de Libye... 2 250 Français sont déployés en RCA, ce qui en fait la deuxième opex de l'armée française.

Avis de l’ASAF

La situation à Bangui s’est récemment dégradée. Les témoignages dont dispose l’association font état ces derniers jours « de nombreuses fusillades interdisant aux élèves d’aller à l’école ». Cette situation confirme une fois de plus l’insuffisance des forces françaises déployées (2 200 hommes) dans ce pays grand comme la France et la Belgique !

L’arrivée de forces de l’ONU supplémentaires du Pakistan et du Bengladesh notamment, n’est semble-t-il pas de nature à redresser une situation sécuritaire.

Par ailleurs l’action militaire actuelle de la France doit s’inscrire dans une politique globale et non avec le seul souci de transférer la responsabilité de la gestion de la crise à l’ONU. Si la France devait quitter la RCA, peut-être pour des raisons budgétaires, elle sera condamnée à y revenir rapidement et en masse compte tenu de la dégradation de la situation. Seules, ses forces armées peuvent rétablir la paix sous réserve qu’elles soient en nombre suffisant.

En s’engageant en RCA, la France sert ses intérêts de long terme. La crise  actuelle peut dégénérer rapidement en guerre civile qui entrainera une émigration massive notamment vers la France et une déstabilisation de la sous région « Afrique équatoriale » En ramenant la paix, elle peut au contraire, permettre le développement économique d’un pays potentiellement très riche.

Source : Auteur : Jean-Marc TANGUY -"Le mamouth"
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