MARINE NATIONALE. Cherbourg : Des soudeurs brésiliens prêtent main forte sur les Barracuda

Posté le jeudi 04 avril 2019
MARINE NATIONALE. Cherbourg : Des soudeurs brésiliens prêtent main forte sur les Barracuda

Pour la première fois, des personnels étrangers travaillent dans l'enceinte du chantier de Cherbourg sur la construction de sous-marins nucléaires français. Il s’agit de 12 soudeurs et d’un chef d’équipe brésiliens, salariés d’Itaguaí Construções Navais (ICN). C'est cette société commune d’Odebrecht (59%) et Naval Group (41%) qui porte industriellement le programme des nouveaux sous-marins brésiliens.


Des personnels qui pour certains sont venus se former à la pointe du Cotentin il y a quelques années, dans le cadre du transfert de technologie opéré par la France vers le Brésil pour la construction de Scorpène dans le nouveau chantier d’Itaguaí, au sud-ouest de Rio de Janeiro. D’autres ont parfait leur métier sur place avec des collaborateurs détachés de Naval Group, qu’ils retrouvent aujourd’hui en France.

Plus de personnel qualifié en France

Arrivée il y a une dizaine de jours à Cherbourg, l’équipe brésilienne va rester pendant six mois. Une initiative qui résulte du fait que le chantier normand, sur lequel travaillent actuellement quelques 4 000 personnes, dont 2 700 salariés de Naval Group, fait face à un pic d’activité dans les spécialités liées au soudage. Or, malgré toutes les démarches conduites ces derniers mois, l’entreprise n’est pas parvenue à trouver de la main d’œuvre française capable de répondre à ses besoins et exigences. D’où l’idée, alors qu’ICN connait actuellement une baisse de charge pour ces métiers, de mettre à disposition de Naval Group des personnels disposant de toutes les qualifications nécessaires pour souder des coques de sous-marins. « Cela permet d’entretenir les compétences au Brésil pendant cette période de moindre charge chez ICN, et dans le même temps de répondre à notre pic d’activité conjoncturel dans cette spécialité. Cette mise à disposition témoigne aussi de la réussite du transfert de technologie opéré vers le Brésil, avec l’émergence d’une génération de soudeurs brésiliens de haut niveau », explique-t-on chez Naval Group, où l’on précise que les personnels détachés ont été choisis sur la base du volontariat et qu’ils sont rémunérés au même niveau que leurs collègues français soudeurs confirmés chez Naval Group.
« Et ils ont des indemnités et primes liées à l’éloignement géographique équivalentes à ce que les collaborateurs de Naval Group touchent lorsqu’ils travaillent à l’étranger ».

Sur les futurs De Grasse et Rubis

Une belle aventure donc pour ces soudeurs brésiliens, qui ont commencé à travailler dans l’atelier coque et structures sur des éléments destinés aux quatrième et cinquième Barracuda. Pour mémoire, la tête de série de ce programme, le Suffren, doit sortir du grand hall de construction de Cherbourg au mois de juillet, sa livraison étant prévue en 2020. Cinq autres SNA du même type (Duguay-Trouin, Tourville, De Grasse, Rubis et Casabianca) rallieront la Marine nationale d’ici 2029.

Quant au Brésil, le premier des quatre Scorpène commandés, le Riachuelo, a été mis à l'eau par ICN en décembre dernier. Connu sous le nom de PROSUB, ce programme porte sur la construction de quatre sous-marins de ce type, l'assistance à la conception des parties non nucléaires du premier SNA de la marine brésilienne, ainsi que l'édification du chantier et de la base navale associés.

250 Brésiliens ont été formés en France dans le cadre de PROSUB

Pour y parvenir, Naval Group a opéré un vaste transfert de technologie et développé les compétences locales nécessaires à une telle entreprise. Ainsi, au début du programme, quelques 250 Brésiliens ont été formés en France. Des soudeurs, formeurs, tuyauteurs ou encore électriciens ont notamment appris, aux côtés des équipes de Naval Group à Cherbourg, le savoir-faire technique dont dispose ce site spécialisé dans la construction de sous-marins. La formation s’est effectuée via la réalisation, à la pointe du Cotentin, de deux sections du Riachuelo, qui ont été soudées puis transférées au Brésil à l’été 2013. A Itaguaí, les Brésiliens formés à Cherbourg, avec l’appui d’équipes françaises de Naval Group, ont pu diffuser auprès des autres personnels progressivement recrutés ce qu’ils avaient appris en France. Pour faciliter cette transmission de savoir-faire, différents outils de formation ont été créés localement, dont une école de soudure. 

 

Vincent GROIZELEAU
Mer et Marine

 

Rediffué sur le site de l'ASAF : www.asafrance.fr

Source : www.asafrance.fr

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