ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES 2017 : Un candidat aurait déclaré " un militaire, c'est comme un ministre: ça ferme sa gueule ou ça s'en va ".

Posté le mercredi 27 avril 2016
ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES 2017 : Un candidat  aurait déclaré " un militaire, c'est comme un ministre: ça ferme sa gueule ou ça s'en va ".

Un candidat à la présidentielle de 2017 aurait déclaré : " un militaire, c'est comme un ministre: ça ferme sa gueule ou ça s'en va ".

Peut-on faire observer à ce populaire homme politique qu'en matière de responsabilité rien ne permet de comparer un militaire à un ministre. Le premier est au service permanent de la nation, de ses intérêts et ses valeurs qui sont inscrits dans l'histoire quand le second est au service éphémère d'une politique fluctuante au gré des rapports de force entre les lobbies, les minorités agissantes et l'humeur de l'opinion publique. Dans ce service, le militaire engage sa vie, le ministre ses ambitions... pour un temps.

Le jugement de notre personnalité politique n'a pour autant rien d'étonnant car il est largement partagé par la classe politique, de droite comme de gauche, depuis le décret du  6-12 décembre 1790 portant organisation de la force publique et qui, dans son article 5 proclamait:  nul corps armé ne peut exercer le droit de délibérer: la force armée est essentiellement obéissante ; à quoi répliquait  le rédacteur du quotidien "Révolutions de Paris":  " La force armée est essentiellement obéissante". Voilà bien la maxime des tyrans.....Certes , s'il suffisait de l'ordre bien ou mal réfléchi d'un chef pour faire mouvoir les gardes nationales dans l'intérieur du royaume, la liberté serait perdue....Concluons donc que, hors cas où on doit marcher contre les ennemis du dehors et lorsque la guerre est résolue par le corps-législatif, la force armée, loin d'être essentiellement obéissante est au contraire ESSENTIELLEMENT DELIBERANTE (sic).

Le militaire n'est pas un chien de garde tenu en laisse et muselé, dont on flatte les flancs en lui donnant de temps en temps un sucre, mais un patriote (donc bien davantage qu'un citoyen) d'autant plus responsable qu'il met sa vie à disposition. A ce titre, s'il ne lui revient pas de contester la mission qui lui est donnée par  l'autorité politique choisie par la nation, il a le devoir de souligner, notamment auprès de la représentation nationale, toutes les incohérences entre les buts et les moyens qui compromettent la réussite de cette mission. Il est vrai que les hommes politiques, notamment sous la cinquième République oublient que ce n'est pas à un homme, fût-il élu au suffrage universel, que des comptes sont rendus mais aux représentants du peuple, le Parlement. Certains diraient qu'un ministre n'est pas l'obligé du Président de la République..... pas plus qu'un général n’est l'obligé d'un ministre: ce qui fait, finalement, un point commun entre un ministre et un militaire!

Amicalement

Christian Renault

Source : Christian Renault
Commentaires (1)
  • CORBIERE
    28 avril 2016 à 10:38 |
    Montesquieu rappelait (c'était hier) que "La servitude commence toujours par le sommeil".
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