LIBRE OPINION de Contre-Amiral (2S) François JOURDIER : Enfin !

Posté le dimanche 22 novembre 2015
LIBRE OPINION  de Contre-Amiral (2S) François JOURDIER : Enfin !

Il aura fallu les 129 morts et 352 blessés des massacres parisiens, pour que le pouvoir finisse par reconnaître ce que tout le monde avait compris, que nous étions en guerre et que l’ennemi en Syrie n’était pas Bachar el-Assad mais Daech. Laurent Fabius plutôt que d’avaler son chapeau pour deux ans de politique à contresens, ou même de donner sa démission ce qui serait certainement le plus souhaitable, "accepte" de rejoindre la Russie pour tenir compte du changement de politique de Poutine qui se serait enfin décidé à se concentrer contre Daech et non pas contre les islamistes modérés.


Gonflé ! Pour la Russie il n’y a pas d’islamistes modérés mais des mouvements terroristes et il convient de sauver la Syrie dont l’armée est indispensable à l’éradication de Daech.
L’opposition modérée est un phantasme de Fabius dans sa phobie anti-Bachar, au point de déclarer qu’al Nosra, avatar d’al Qaida "faisait du bon travail."
Enfin ne boudons pas notre satisfaction, nous allons enfin vers une coalition engerbant tous les ennemis de Daech : la Russie, la France, l’Iran, les Kurdes, l’armée Syrienne, les Etats Unis… Nous pouvons espérer, opérations coordonnées, échanges de renseignements voire actions conjointes.

Maintenant que la France a repris la bonne direction formulons quelques vœux :
Rouvrons notre ambassade à Damas et reprenons nos relations diplomatiques avec la Syrie, état souverain gouverné par un pouvoir légitime. Il est certainement bien renseigné.
Abandonnons les sanctions contre la Russie, elles ne servent à rien, nous coûtent autant qu’à la Russie et ne sont pas de mise envers un allié. Il sera bien temps plus tard de revoir si nécessaire la question ukrainienne qui est loin d’être vitale.
Pour les mêmes raisons abandonnons les sanctions envers l’Iran appelé à être un allié indispensable dans la lutte contre Daech.

Et si on veut voir plus loin peut être comprendra-t-on un jour que l’avenir de l’Europe est avec la Russie et non de rester un satellite des Etats Unis : l’OTAN n’ plus de raison d’être et il ne faut pas signer le Traité Transatlantique.

 

Contre-Amiral (2S) François JOURDIER

Source : Contre-Amiral (2S) François JOURDIER
Commentaires (1)
  • Christian LAPAQUE Lt-Cel (er)
    25 novembre 2015 à 15:26 |
    Merci , amiral, de nous rappeler qu’il faut éviter de donner comme route à suivre au timonier : l’avant du bateau.
    J’y ajouterai que même en planche à voile (encore plus en pédalo) il faut éviter le sillage des bateaux qui vous précédent.
    Et que les virements de bord du pacha sur la passerelle ne suffisent pas pour faire louvoyer un trois-mâts.
    Oui le « court-termisme », le « suivisme » et le « bougisme » en politique, comme à la guerre, comme en économie, traduisent surtout l’absence de stratégie , l’absence de jugement, l’incapacité d’agir sur le cours des événement.

    En quelques années, et ce malgré les capacités des moyens de communication, d’information et de traitement de l’information, on ne sait plus rédiger l’alexandrin qui résume la situation, le manifeste de manoeuvre qui permet à chacun d’inscrire son action dans la diplomatie et la bataille d’ensemble.

    Comme si le traitement automatisé de l’information détruisait dans le même temps l’intelligence au poste de travail. C’est alors que l’abus de road-map et de tool boxes tient lieu à la fois d’alexandrin et de manifeste. Or ces usages anglo-saxons sont bien éloignées de notre langage, mieux architecturé et de notre mode de pensée beaucoup plus analytique. C’est même pour cette raison que les USA détournent nos meilleurs ingénieurs pour les aider à préparer la prochaine révolution numérique le « buid fractal think local « qui remplacera le « think global act local » qui permet aujourd’hui à une grande société qui industrialise les hangars à données de tirer malgré tout bénéfice d’une erreur de stratégie industrielle . https://www.asafrance.fr/item/libre-opinion-le-juge-marc-trevidic-la-france-sous-la-menace-de-l-etat-islamique-daech.html
    C’est ainsi qu’à trop copier les modes et méthodes d’action des US nous amplifions leurs travers.

    La politique extérieure des USA des 20 dernières années s’explique beaucoup par ce qu’Eisenhower dénonçait, le lobby militaro-industriel. L’étendue des capacités militaires leur laisse accroire que l’emploi de la force militaire peut tenir lieu de stratégie.
    Ce défaut se trouve amplifié en Europe du fait de la vacuité de la partie commune de notre diplomatie, qui est devenue à l’échelle de la planète une diplomatie « provinciale ».
    https://www.asafrance.fr/asaf/identite/item/libre-opinion-de-hajnalka-vincze-l-otan-cherche-a-contourner-la-regle-du-consensus
    Toutefois nous ne pouvons tenir grief aux US de notre propre faiblesse. Nous partageons suffisamment les mêmes valeurs pour nous permettre même et surtout en diplomatie d’avoir des idées différentes.

    Nous devons donc nous interroger sur la formation et le choix de nos élites politiques. Nous pouvons douter des capacités de la société politique à trouver, et accepter des élites en son sein.
    Nous devons sérieusement douter de notre capacité à utiliser les technologies de l’information disponibles depuis plus de 20 ans , pour piloter nos lignes de crédits, gouverner nos finances, détruire les effets pervers des corps de fonctionnaires en perpendiculaire du fonctionnement, détruire le mille feuilles politique et administratif dans lequel tous chaque matin perdent 50 % de leurs temps à lire des mels qu’ils n’auraient pas dû recevoir et répondre à des mels qui n’intéressent qu’eux.
    Mais nous pouvons tout autant douter des capacités de nos élites politiques à saisir le long terme propre à maintenir une cohérence d’ensemble dans nos moyens militaires. En 25 ans, nous avons plusieurs fois de suite franchi l’inacceptable en terme de développement et de financement de nos capacités militaires. Le « projet d’entreprise » des forces au lieu d’être aligné sur les menaces a été aligné sur le financement consenti, ce qui fait qu’au demeurant nous dépenserons plus que le 2° porte-avions qu’il faut pour en avoir en permanence un à la mer.
    https://www.asafrance.fr/analyses/lettres-asaf/item/lettre-asaf-15-09-de-septembre-2015-defense-les-apparences-et-la-realite.html
    Tout cela n’est pas très grave puisqu’aujourd’hui nous encaissons (durement parfois) les fameux « dividendes de la paix ».
    Quant à sortir de l’OTAN cela reviendrait à quitter une auberge espagnole qui à le mérite de resservir aux européens les capacités de défense qu’ils y apportent, en l’absence de diplomatie et de défense européenne.
    Même face aux réfugiés syriens nous n’avons pas eu de politique européenne mais une politique provinciale.
    Les français le 29 mai 2005 en disant NON à l’Europe ont largement causé les tracas qu’ils subissent aujourd’hui. Ceux de nos hommes politiques qui choisirent cette voie se marginalisèrent des autres pays. Aujourd’hui les européens doutent légitimement de leur bonne foi et ne dépassent pas les déclarations d’intentions.
    « Mutatis mutandis » en changeant ce qui doit être changé, les mêmes hommes politiques produisent aujourd’hui les mêmes effets qu’hier.
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