LIBRE OPINION du Général (2s) Vincent DESPORTES : Spécificité militaire et droit d'expression : un lien consubstantiel.

Posté le lundi 11 janvier 2016
LIBRE OPINION du Général (2s) Vincent DESPORTES : Spécificité militaire et droit d'expression : un lien consubstantiel.

La spécificité du militaire n’est pas d’être simplement un manieur de sabre : elle est aussi de devoir penser la défense pour l’immédiat et pour le temps long. C’est son rôle social dans et pour la Nation. L’expression des militaires sur les problèmes organiques et stratégiques n’est donc pas seulement légitime, elle est nécessaire : les restrictions qui lui sont portées sont les meilleures ennemies de la défense de la France. Les militaires ont un devoir d’expression spécifique.

 

Une expression nécessaire pour la Nation

L’histoire indique clairement l’importance de la liberté d’expression des militaires. Après la remarquable victoire napoléonienne de Iéna, c’est par la liberté donnée aux officiers d’apporter des idées nouvelles que la Prusse trouve les principes qui font de l’armée prussienne puis allemande cet outil redoutable qui participera à la chute de Napoléon et dont nous souffrirons durement à trois reprises. A l’inverse, l’esprit du « je rayerai du tableau d’avancement tout officier dont je verrai le nom sur une couverture de livre» de Mac Mahon a directement conduit à la défaite de 1870. C’est la même attitude adoptée par le général Gamelin de 1935 à 1940 qui nous conduira au nouveau Sedan – dont les Français se souviendront dans des siècles comme nous-mêmes des déroutes de Poitiers, Crécy ou Azincourt – alors qu’il était évident, au moins depuis septembre 1939 et la campagne de Pologne, que notre posture militaire était celle de la défaite. Mais la doxa n’était pas discutable : « les Allemands attaquent par le Nord et la meilleure défense est celle du feu centralisé ».

Cette impérieuse nécessité de l’expression tient à la nature dialectique de la guerre et de la stratégie. Il s’agit toujours de contourner la volonté de l’Autre et de prendre le coup d’avance qui permet de l’emporter. Comme l’écrit le général Beaufre, la stratégie « est un processus d’innovation permanente ».  Celui qui ne pense plus est condamné à la défaite. Dans cet exercice dialectique, il faut impérativement donner toutes ses chances à l’innovation créatrice, mobiliser toutes les ressources de l’intelligence, pour prendre et conserver l’avantage. Selon la formule américaine, il faut impérativement « think out of the box », penser « à côté », laisser libre court à la pensée critique, donc en admettre la nécessité et les débordements éventuels. Le général Beaufre avait à nouveau parfaitement raison lorsqu’il affirmait : « dans les armées, la discipline doit être stricte mais la pensée doit être libre ». Il n’y a pas d’armée victorieuse qui n’ait d’abord su créer les conditions de l’expression de la pensée libre des cerveaux dont elle dispose.

Par ailleurs, la guerre est un phénomène trop complexe pour être réfléchie de manière uniquement rationnelle, ou uniquement pragmatique ; sa compréhension suppose la confrontation de la théorie et de l’expérience. La démarche « du haut vers le bas » ne peut suffire, pas plus que celle « du bas vers le haut ». La vérité sur la guerre se situe au croisement des idées et des réalités : la stratégie - ni science, ni art, nous le savons au moins depuis Clausewitz - est une discipline qui suppose, comme la médecine, à la fois une solide connaissance théorique et un esprit pragmatique, expérimental, ouvert sur les changements.

La réflexion stratégique ne peut qu’être multiple avec des champs de débat différents. Il faut donc que se croisent les théories et appréciations politiques d’une part, la pratique des professionnels d’autre part. Cette pratique, cette perception concrète de la réalité de la guerre, à tous ses niveaux, doit s’exprimer, de manière libre, sinon la Défense s’enlise sur les doctrines «  a priori », les visions sclérosées, la rigidité maladive du commandement opérationnel dont la France a tant souffert : l’été 1870, août 1914 et mai 1940 en sont de terribles exemples. L’éternelle tentation politique de vouloir dominer la guerre doit être contrebalancée par l’attitude conjuguée d’obéissance et de fermeté que préconisait de Gaulle : car, disait-il « rien ne provoque davantage l’ingérence que le manque d’assurance d’en bas ».

Pour la Nation, l’armée doit tenir son rang et jouer son rôle. La Nation est portée par ses corps sociaux qui, dans le temps, dépassent l’Etat et survivent à ses différentes expressions. Les Institutions se situent au-delà des formes momentanées de l’administration. Il est de leur devoir, parfois, de se défendre contre les menées trop politiciennes. Les corps sociaux incarnent des réalités et des pérennités qui vont au-delà du court terme politique. Soutenir la Nation, c’est soutenir l’expression de ses différents corps. Si l’un vient à manquer, tout l’édifice devient bancal. A ce titre, le corps social militaire, ses élites en particulier, ont le devoir – et doivent avoir le droit - de faire valoir leurs points de vue, car ils appartiennent à la Nation bien avant que d’appartenir à l’Etat.

Enfin, la vieille règle darwinienne s’applique aux militaires : les organes qui ne servent plus s’atrophient. Fascinant est le constat de Foch qui analyse le style de commandement des armées de la défaite de 1870, considérée avant tout comme une panne de l’intelligence stratégique et opérationnelle : « un commandement supérieur comprimant systématiquement la pensée de ses subordonnés ne pouvait s’étonner de voir à ses côtés, aux heures sombres, de simples pions au lieu d’énergiques auxiliaires ». Quand les militaires ne sont pas autorisés à formuler des idées ni à élaborer des stratégies, ils se cantonnent à la pure technicité de leur métier. Ils perdent le goût de la pensée et de son expression, et les meilleurs, ceux dont la France aura besoin aux heures noires - les Foch, de Gaulle, Leclerc ou Koenig – ne sont plus attirés par une profession réduite à son rôle technique où ils ne pourront plus faire grandir le meilleur d’eux-mêmes.

Il ne faut pas ignorer ici le danger très actuel constitué par la conjugaison perverse de plusieurs tendances lourdes : fortes et continuelles déflations, multiplication des opérations, « recentrage » des militaires vers l’opérationnel, civilianisation des postes de conception. Devant l’impérative obligation de satisfaire d’abord aux besoins opérationnels, les armées arbitrent toujours – et à tort – en faveur de ceux-ci, sciant ainsi la branche qui les porte. Ce sont d’une part les formations non techniques, les formations supérieures et d’ouverture qui en pâtissent, ce qui ne peut que diminuer la capacité de l’élite militaire à prendre part utilement aux débats généraux. Au cours des vingt dernières années, par exemple, les durées de formation supérieures à l’Ecole de Guerre ont tout simplement été divisées par deux ! Ce sont d‘autre part les centres et cellule internes de stratégie et de doctrine qui sont sans cesse menacés et doivent rendre, à flux continu, des effectifs : cela se traduit mécaniquement par un affaiblissement de la capacité de réflexion des armées.

 

Une dérive dangereuse

De plus en plus cantonnée dans un rôle de mise en œuvre, la haute hiérarchie militaire a laissé le politique s’emparer peu à peu de la réflexion sur la défense : les institutions de la Vème République, l’émergence du nucléaire et le précédent algérien ont favorisé cette mainmise. Toute contestation de l’organique, mais aussi de l’opérationnel, est très vite assimilée à une contestation de l’exécutif.

Certes, l’institution militaire recommence à prendre la mesure du rôle qu’elle doit tenir, pour la France, dans la défense de la Défense. Depuis une quinzaine d’années, les officiers ont repris la plume et s’expriment plus fréquemment. Hélas, les publications de la très grande majorité d’entre eux constituent d’excellentes vitrines de leurs propres actions professionnelles au cours des engagements qu’ils vivent au quotidien sur le terrain… et donc d’excellentes vitrines de l’excellence encore maintenue des armées françaises. Mais le propos s’arrête là, parce que l’interdiction faite au militaire de participer au débat stratégique, sauf à exprimer la pensée officielle, a fini par l’écarter de la pensée stratégique qu’il a le devoir d’enrichir mais qu’il n’ose plus exprimer.

Aujourd’hui, trop peu d’officiers jouent leur rôle de « stratège pour la France », un rôle qui constitue pourtant, on l’a dit, une part importante de leur raison d’être dans la Nation. Très peu s’expriment sur le fond dans des media grand public : ils restent cantonnés au cercle restreint des professionnels de la défense. On ne les entend pas sur les grandes problématiques stratégiques, les dérives de l’institution militaire, la dégradation des forces. On leur dénie la capacité de s’exprimer sur l’état réel des forces, et l’aptitude à émettre une opinion quant aux stratégies générales. S’ils se permettent quelque commentaire à l’encontre de la ligne officielle de l’Elysée, la sanction est immédiate.

Les règles sont élémentaires et connues de tous. La première : tant que le militaire est sous l’uniforme, il ne peut s’exprimer en dehors de quelques avis techniques,  et lorsqu’il ne l’est plus, il n’a plus de légitimité à le faire. La seconde : si, sous l’uniforme, il s‘exprime - même de manière mesurée - en dehors du champ technique, il est immédiatement sermonné ou sanctionné ; si, ayant compris cette impossibilité, il s’exprime sous le couvert de l’anonymat, on lui reproche illico sa couardise, on l’accuse de complotisme, on fouille de manière illégale son ordinateur, on interroge ses proches, on le fait suivre et on le met sur écoute comme un criminel.

 

***

 

N’en doutons pas : même si la discipline demeure la force principale des armées, la pensée libérée est la deuxième composante de son efficacité parce qu’elle suscite le dynamisme intellectuel et conditionne l’excellence de la pratique stratégique. L’équilibre est difficile à trouver, mais le déséquilibre en faveur du silence est la marque avant-première de la sclérose et de la défaite.

L’équilibre ne peut s’établir par décret, mais il est sûr que, dans l’intérêt même de la France,  l’homme d’Etat doit tout mettre en œuvre pour favoriser l’esprit et l’expression critique dans les armées : or, force est de constater que la tendance est exactement inverse. Les Français doivent en être sûrs, parce qu’ils l’ont payé très cher, en souffrances et en humiliations : la négation des dimensions politique et stratégique du soldat, son cantonnement toujours plus étroit dans ce que l’on baptise à tort son « cœur de métier » constituent une menace directe pour leur sécurité.

 

Général (2S) Vincent DESPORTES 

 

Livre Gl 2s Vincent desportes

Dernier ouvrage publié : « La dernière Bataille de France », Gallimard, Paris, Octobre 2015

 

Source : Général (2s) Vincent DESPORTES
Commentaires (1)
  • Christian LAPAQUE Lt-Cel (er)
    23 janvier 2016 à 18:36 |
    Bravo mon général, pour ces propos énergiques, pour ma part je me garderai d’accuser les politiques, ils ne sont pas les seuls coupables.

    Dans notre démocratie il est possible de porter les armes de la France et de supporter le débat autour de leur emploi. Et parce que nous portons les mêmes valeurs en particulier la fraternité qui nous impose de respecter les idées, les religions et les croyances des autres pour faire fonctionner la République des Français il nous est possible d’avoir des idées différentes. Et c’est encore plus vrai au sein des forces même si au combat les militaires savent taire leurs divergences pour gagner, cela n’impose pas la « pensée unique » encore moins la discipline passive.

    Il n’y a pas que les politiques qui désorganisent les armées de la République des Français, le silence sur les rangs fait au moins autant, voire plus de dégâts.
    Nous souffrons tous de l’absence de pensée militaire vigoureuse et plurielle. Ce vide est utilisé par la geste politique dont le fonctionnement par élément de langage évite d’avoir à trouver l’alexandrin qui résume la situation, le manifeste de manœuvre qui mobilise les composantes des forces et qui fixe à chacun les modalités d’emploi.
    * * *
    Les officiers ont peur de débattre à propos de leur défense et de l’emploi des armes de la France. Ceux qui sont en activité se croient réduits au mutisme. « la France et son armée » fût publié en 1938 par un officier d’active et il est un de nos grands écrivains. Donc Gamelin ne les faisait pas tous taire.
    Or on aurait du débattre de la politique de création et d’emploi de l’armée de l’air dès 1930, dès Guernica, on aurait du débattre de l’organisation des chars en 3 paquets de 1000 au lieu de les utiliser en 1000 paquets de 3.

    Dans la République des Français qui ne reconnaît pas le blasphème comme délit de presse aucune loi n’interdit aux militaires de s’exprimer s’ils ne franchissent pas les limites des délits de presse (injures et diffamations) et les limites du secret défense.
    Et chacun comprend que l’on ne peut à la fois être chef des Armées et commettre des écrits ou des propos contraires aux ordres que l’on donne, à la politique que l’on applique. C’est surtout un problème d’éthique personnelle.
    Il n’y a que les ministres qui peuvent dire une chose et faire autre chose, mais eux servent parfois leur politique, ils ne servent donc pas toujours la France.
    Il y a donc bien certains postes qui imposent le devoir de réserve, mais pas tous et pas tout le temps.

    Dans les études, dans la recherche la liberté de penser, de parole, d’écrit, existe sinon il ne serait pas possible d’installer continument le progrès. Il y a de grands risques à soumettre les études, la recherche à la discipline du combat ailleurs qu’au combat.
    L’Ecole de Guerre créée par le général LEWALL après la guerre de 1870 est un acteur essentiel pour rétablir cette liberté d’expression que la loi accorde aux militaires ou plutôt ne leur refuse pas.
    Ce retour sur leur cœur de métier à savoir les débats stratégiques, opératifs et tactiques et sur les sciences du champ de bataille sont essentiels pour le service des armes de la France.
    Nous devons remercier le site de l’ASAF qui remplira ce rôle lorsqu’enfin le débat s’organisera en suite d’articles qui soulèvent comme les vôtres des problèmes de fond.

    De Gaulle le rappelle déjà dans la France et son armée : d’un désastre à l’autre « que les officiers seront (au cours) du 19° siècle beaucoup plus formés à l’action immédiate qu’au labeur intellectuel, ce qui quoiqu’indispensable pour une action limitée est sans effet sur une grande guerre. Sa conclusion sur la défaite de 1870 est sans appel :
    « pauvre troupe, dont les malheurs injustes demeurent comme un ineffable leçon dédiée à ceux qui nous gouvernent et qui commandent ».

    Même si aux siècles passés, à l’époque de « l’ordre oblique » le « dressage » des soldats garantissait la puissance de feu, aujourd’hui il est contreproductif dans des postes à tenir de plus en plus complexes d’exiger de nos soldats une posture uniquement passive .
    Et à présent un peu d’humour ne concluez surtout pas que mon expression est otanisé, c’est le contraire qui s’est produit
    ( www.dau.mil/pubscats/pubscats/pm/articles00/ichim-j.pdf)

    Le modèle d’entreprise enfin défendu aujourd’hui par les armées repensé autour des réseaux d’information (internetworking) ne réussira que si tous les acteurs y participent et si dans le même temps le coordonné décentralisé (buid fractal think local du grand Berthier déjà!!! ) se substitue au centralisme pyramidal (think global act local qui en fait n’a toujours que partiellement fonctionnné).
    Ce débat n’est pas nouveau il suffit de relire la guerre des Gaules .
    C’est pourquoi il faut réveiller les intelligences pour tirer profit des réseaux (internetworking) car il n’y pas d’intelligence dans l’intelligence artificielle autre que celle de celui qui est au poste et qui met en perspective les données partagées (pas toutes les données uniquement celles qui lui sont utiles à son poste. (build fractal think local).
    C’est même ainsi que l’intelligence du système de combat augmente avec l’intelligence répartie (celle des opérateurs donc des soldats).
    Il faut se garder des illusions de la centralisation qui en stockant ses données dans des hangars à données (data ware house) rend le système instable et ingouvernable sans même parler de sa vulnérabilité.
    L’ensemble des ordinateurs de la terre ne sauraient contenir les données d’un champ de bataille ni des usines d’automobile. Et lorsqu’ils n’en contiennent que des ilots numérisés çà et là ils deviennent le premier obstacle des interactions « from plant to foxhole » (et réciproquement) aujourd’hui indispensables pour faire fonctionner rapidement et surement un chantier de feu.

    Ces dernières années faute d’entendre les officiers (ou de lire des officiers) on a appliqué à nos armées de bien étranges réformes. Alors qu’elles étaient déjà organisées sur les trois niveaux des entreprises modernes (après le delayering) : stratégique ; opératif (conduite des opérations); tactique (conduite de la production) ; nos armées se sont vues appliquer des organisations matricielles donc sans queues ni têtes sans but ni finalités qui permettaient uniquement de distribuer le sureffectif qui ne portaient ni les fusils ni les outils de production d’armes.
    Et surtout de garantir les fins de carrières des personnels qui ne pouvaient plus être « remerciés ».

    Alors que les technologies de l’information, disponibles depuis 20 ans sur étagère et les réseaux dans lesquels notre industrie (en particulier dans le domaine de la documentation automatique) et nos armées étaient précurseurs, s’installaient on a retardé leur emploi perdant ainsi les économies à réaliser sur l’ensemble du cycle de vie des systèmes d’armes à longue durée de vie.
    Le travail en matrice a multiplié les effets vilebrequin.
    L’analyse fonctionnelle en échappant aux officiers a facilité la destruction du « High level model activity » que les générations précédentes avaient patiemment construit. Et sans « functionnal mapping » il est impossible de réussir le « data mapping ». On peut même comprendre ces concepts sans parler américain, car ils sont naturellement contenu dans les deux niveaux de langage de la langue française, d’ou le succès constant de nos ingénieurs (et parfois de nos officiers) aux USA.
    Aujourd’hui on pourrait même prendre exemple sur nos boulangers dont les fours à pain sont surveillés (comme les avions de ligne,) en temps réels à distance.
    Les économies à faire en revenant à l’organisation du clos des Galées, à l’organisation de l’Arsenal de Venise, sont sans communes mesures avec les économies faites sur le pain, le riz et le sel que l’on partage dans les bases de défense .
    On ne rattrapera pas le retard en formant nos officiers à copier la Supply chain des supermarchés. Car il s’agît peut-être bien de former les supermarchés aux techniques de traçabilité du grand Laplace et de savoir distribuer l’information aussi vite que la matière. Au moins nous améliorerons au passage la qualité de notre viande.

    Revenons au sort qui est fait aux officiers qui écrivent (ou qui s’expriment) . A défaut de pouvoir les faire taire on a souvent chercher à les condamner les officiers par voie administrative. Or ils ont souvent (toujours ??) gagné leurs recours. Il serait opportun de savoir si ces condamnations initiales viennent du politique ou de la hiérarchie, les uns pouvant influencer les autres de façon occulte, et si ceux qui dévoient ainsi la discipline sont à leur tour punis.

    Il est vrai que souvent en Etat-major (en milieu parfois fermé) il est difficile de penser autrement, d’innover. Le doute scientifique est pour certains le summun de l’indiscipline. Encore que !!! (Pensée militaire et progrès scientifique armées d’aujourd’hui n°135 1988)

    Plus loin dans votre article vous parlez très justement qu’il ne faut surtout pas se satisfaire de suivre l’approche US, qui repose plus sur l’emploi de la force que sur la finesse de l’analyse stratégique, car ce n’est pas applicable à notre échelle et cela ne correspond pas à nos usages diplomatiques.
    Mais pour ce faire il faut des officiers libres de penser, dotés d’une formation équilibrée entre les études, les postes opérationnels et les postes techniques pas de simples experts.
    De fait vous dénoncez les simples copistes. Nous ne devons pas nous laisser impressionner par le côté « massif » de la technologie américaine. L’herbe est toujours plus verte dans le pré du voisin. Les français sont capables d’échanges équilibrés, car justement ils ont même dans le travail en réseau et l’emploi des technologies de l’information (même si notre administration à un quart de siècle de retard) un sérieux temps d’avance.
    Car justement eux savent remettre le soldat au cœur des systèmes. Même s’agissant de l’emploi de l’intelligence artificielle qui n’est intelligente que parce que on a évité de traduire le mot anglo-saxon « intelligence »par données.


    Le silence des écrivains militaires est d’autant plus curieux que le partage des mêmes valeurs facilite l’émergence d’idées différentes, sans que cela ne perturbe le bon fonctionnement des forces.
    C'est même la base de la fraternité d'arme sans laquelle nous perdrions notre humanité au combat.
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