LIBRE OPINION : Lutte contre Daech : l’aveu d’impuissance de François Hollande

Posté le jeudi 10 septembre 2015
LIBRE OPINION : Lutte contre Daech : l’aveu d’impuissance de François Hollande

Pour sa sixième conférence de presse semestrielle, le président de la République a multiplié les annonces. Accueil des réfugiés, promesse de baisse des impôts… et lutte contre Dae’ch. « Aujourd’hui en Syrie ce que nous voulons connaître, c’est ce qui se prépare contre nous. J’ai demandé au ministre de la Défense que, dès demain, puissent être menés des vols de reconnaissance au-dessus de la Syrie. Ils permettront d’envisager des frappes contre Dae’ch en préservant notre autonomie de décision et d’action », a expliqué François Hollande.

Une annonce bienvenue, mais loin d’être suffisante. « Je considère qu’il serait inconséquent et irréaliste d’envoyer des troupes françaises en Syrie au sol. Irréaliste car nous serions les seuls. Inconséquent parce que ça serait transformer une opération en force d’occupation », a-t-il insisté.

Ces propos sont avant tout un aveu d’impuissance : avec une réduction du budget de la Défense depuis une trentaine d’années, la France n’a plus les moyens opérationnels d’intervenir militairement sur le sol syrien.

Valeurs actuelles
« Votre quotidien du soir » du 7 septembre 2015

Source : Valeurs actuelles
Commentaires (5)
  • gautier
    10 septembre 2015 à 22:32 |
    Une solution: pourquoi ne pas intégrer les jeunes migrants célibataires syriens à notre armée pour les former et les renvoyer défendre leur pays ? Je pense qu'à l'origine ils ne souhaitent pas quitter leur pays et ne demandent qu'a défendre leur patrie ...
  • Christian LAPAQUE Lt-Cel (er)
    12 septembre 2015 à 08:00 |
    Il n' y a pas d'aveu d'impuissance. Il y a simplement l'usage immodéré de la gesticulation politique construite à partir des "éléments de langage".
    La classe politique navigue à vue de campagne électorale en campagne électorale et la chasse aux voix devient le souci essentiel.
    Plutôt que de proposer des buts qui mobilisent l'énergie des français et de choisir les moyens d'y parvenir on donne au timonier, comme route à suivre 'l'avant du bateau' .
    Or cette méthode à pour effet de supprimer la planification financière sans laquelle il n'est pas possible de maintenir la cohérence de l'appareil militaire.
    Le budget est de plus en plus utilisé pour payer des pénalités ou des triangles de redémarrage.
    Parfois le budget s'use à nourrir des sureffectifs qui ne contribuent ni à la disponibilité des équipements ni à l'augmentation du nombre de soldats disponibles.

    L'envoi de forces sur des théâtres éprouvants pour les équipements suppose au préalable le lancement de programme de fabrication des rechanges à longue durée de fabrication ou de les avoir en stock.
    La fin des opérations suppose la mise en oeuvre de programmes industriels de reconstruction, préparés dès avant l'engagement car ils supportent la cohérence de la logistique générale des forces.
    La guerre est encore et toujours un chantier de feu.

    Mais le plus grave n'est pas là il ne faut pas utiliser l'appareil militaire pour ne faire que de la gesticulation (comme en politique) car à trop multiplier l'emploi de la force s'en achever le job, on ne fait que démontrer son impuissance à parvenir à ses fins politiques par l'emploi de la force des armes et surtout on multiplie les zones de conflit..
    De plus il faut toujours veiller à la cohérence de sa stratégie. Dans des conflits "dissymétriques" le seul emploi de la puissance des avions de combat ne suffit pas pour revenir à l'apaisement,
    On a parfois la désagréable impression de nourrir la bataille que veut nous imposer DAECH.
    -Nous submerger de réfugiés Africains et Syriens pour provoquer la division des Européens et nourrir la haine entre les hommes ce qui facilite la destruction de la fraternité (dont déjà nous ne parlons plus) donc l'installation de la barbarie.
    -Nous usons nos soldats dans des opérations de police ruineuses pour leur entraînement à la guerre,
    -Il ne nous reste alors que nos avions pour agir sur lui. ---L'intensification des frappes aériennes nous rend complice du gouvernement Syrien.
    -Nous étendons les zones de combat,
    -Nous risquons d'obliger le reste de la population à fuir.
    -Nous aurons alors besoin de plus en plus de monde dans l'opération 'sentinelle'.
    Et "in fine" nous n'aurons plus les effectifs qu'il nous faudra au sol pour installer la paix "selon nos fins".

    La guerre est la continuité de la politique par d'autres moyens. La sortie de crise doit être imaginée organisée dès l'affirmation du manifeste qui accompagne l'emploi des armes.
    Il est facile d'entrer en guerre il est souvent plus difficile de revenir à l'apaisement et d'organiser cet apaisement selon ses fins. Cela consomme du temps, des finances des effectifs. Cela suppose beaucoup de générosité, de fraternité pour après l'acte de guerre revenir en humanité.
    Mais pour parvenir à ses fins encore faut il savoir ou l'on veut aller et savoir ne pas suivre le vent même si c'est le poète qui souffle le vent.

    Voulions nous vraiment installer le chaos en Lybie pour nuire à nos intérêts au Sahel?
    Que voulons nous comme futur pour la Lybie?
    Que voulons nous comme futur pour la Syrie et l'Irak? Pourrons nous organiser ce futur sans les Russes? Sans l'Iran? sans les pays du Moyen-orient?
    Que voulons nous comme futur pour l'Afrique, pouvons nous construire ce futur seul à la force de nos petits bras?
    Même l'Europe seule ne peut lutter à la fois contre les migrations économiques et les migrations liées à la guerre.
    A présent que la barbarie s'est installée dans le chaos des guerres que nous ne savons pas achever il est de plus en plus difficile de construire des coalitions internationales pour éteindre nos incendies.

    Nous devons nous garder de nos amis Américains qui depuis plusieurs années commettent les mêmes erreurs que notre Napoléon . Conscient de leur suprématie militaire dans les batailles ils en oublient que l'art de la guerre n'est achevé que si on parvient à ses fins politiques.
    A quoi bon dominer le niveau des seules opérations si on ne parvient pas à ses fins politiques ou si pour y parvenir on installe son futur ennemi.

    Relisons attentivement le discours de Dominique de Villepin à l'ONU le 14 février 2003 sur la politique à mener en Irak,
    Il ne s'agissait pas de refuser la guerre il s'agissait de savoir quel était le chemin le plus sûr pour revenir à l'apaisement.
    Or nous n'avons pas choisi le plus efficace nous le savons depuis.
  • Weber
    13 septembre 2015 à 09:34 |
    Combien de temps allons nous rester les bras croisés, alors que le désordre menace en France, où ses paisibles villageois inquiets voient arriver ces soi-disant réfugiés politiques qui déjà convoitent leurs biens ?
  • Weber
    13 septembre 2015 à 13:45 |
    Solution déjà employée par d'autres et qui s'est soldée par une opération boomerang.
    "Arrêtez le mal avant qu'il n'existe ; calmez le désastre avant qu'il éclate. ( Lao Tseu)
  • Weber
    14 septembre 2015 à 20:40 |
    "Nous devons nous garder de nos amis Américains" et surtout d'en être les supplétifs, sachant comment ils finissent.
Poster un commentaire

Vous êtes indentifié en tant qu'invité.