CORONAVIRUS : Faire la guerre

Posté le mardi 24 mars 2020
CORONAVIRUS : Faire la guerre

Querelle sémantique

De nombreux journalistes ont épilogué sur la justesse d’emploi du mot guerre par le président de la République. Pourtant personne n’avait relevé son emploi, au moins aussi discutable, dans les expressions « guerre économique » ou « guerre de l’information ».

Force est de reconnaître que cette épidémie face à laquelle il faut se protéger et contre laquelle il nous faut lutter collectivement a déjà fait en France plus de 900 morts et dans la seule journée d’hier près de 200 nouvelles victimes ; c’est donc effectivement une guerre au regard de ces chiffres même si nous sommes encore loin des 600 000 morts - en moyenne 300 morts par jour - pendant les 2 000 jours de la Seconde Guerre mondiale ou des 1 500 000 morts - en moyenne 1 000 morts par jour - pendant les 1 500 jours de la Grande Guerre.

L’arrière soutient l’avant

Comme dans chaque guerre, pour vaincre, l’arrière doit soutenir l’avant et il doit le faire collectivement avec un rigoureux esprit de discipline condition d’une bonne organisation.
Faire en sorte que l’avant, c'est-à-dire notre service de santé public et privé, puisse soigner au mieux les personnes contaminées en danger de mort, qui sont souvent les plus fragiles en raison de leur âge, de leur état de santé ou de leur condition sociale (SDF) voilà un devoir absolu. C’est l’honneur d’un pays, je dirais sa supériorité morale que de voir les plus jeunes accepter de ne plus sortir pendant 2 mois pour limiter l’afflux de malades et offrir ainsi les places de réanimation en priorité aux plus vulnérables. Il y va aussi de notre réputation de grande nation et de sa crédibilité ultérieure.

L’arrière doit soutenir également l’avant en fournissant toute la logistique nécessaire non seulement aux « professionnels de santé » mais aussi à ceux qui assurent les fonctions vitales de la survie de la Nation : transports, eau, nourriture, énergie, sécurité, hygiène notamment.

Enfin, il faut faciliter et accélérer les recherches et mettre en œuvre les traitements nouveaux dans des délais plus réduits qu’en situation normale, en raison de la crise actuelle avec la situation prévisible à 10 jours c'est-à-dire 600 morts par jour comme pour l’Italie.
Il s’agit bien d’une médecine en situation de guerre.

Des chefs de guerre

En tout état de cause, la guerre exige des chefs car celle-ci se mène tous moyens réunis.
Il ne s’agit pas pour l’État de féliciter les entreprises qui marquent leur solidarité avec les soignants, mais de réquisitionner et mobiliser – ce ne sont pas des gros mots - TOUS les moyens qui peuvent concourir à la « victoire ».

Il ne suffit plus de répéter 100 fois par jour les bons gestes « barrières » et rappeler les limitations draconiennes de sortie mais il faut aussi sanctionner lourdement les indisciplinés.
La faiblesse des décideurs, trop souvent tentés par les demi-mesures, est mortifère. Il faut commander et ne pas faire de sentiment. Commander ! Le service de l’intérêt supérieur l’exige, la responsabilité du chef est là.

Il faut faire taire les voix qui répètent que les Français ne pourraient pas accepter le confinement de plusieurs semaines, alors que les Poilus tinrent plus de 4 ans dans les tranchées et que nos parents et grands-parents vécurent de 1940 à 1944 5 années sous le joug nazi, menacés quotidiennement, affamés, bombardés, avec l’angoisse d’être déportés, torturés,  fusillés ?

Aurions-nous chuté à ce point ? Non. C’est le moment de montrer notre capacité à vaincre dans cette guerre.

 

Henri PINARD LEGRY
Président ASAF
(24/03/2020)

Source : www.asafrance.fr
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